Big trip

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lundi 31 mars 2008

Eau chaude, eau froide, eau mitigée...

La nature Islandaise est pleine de contraires, et ça la rend belle. L'eau s'y trouve sous toutes les formes : liquide, solide, gazeuse, et sous toutes les températures.

Il est fréquent que l'eau brulante et la glace se côtoient, et ça donne des tunnels et des sculptures intéressantes.

Les sources d'eau chaude d'Islande fleurissent fleurissent, comme les colchiques dans les prés de notre enfance. Et c'est un délice de quitter ses vêtements dans le froid pour mieux goûter la chaleur réconfortante de la source. Après une journée de marche, rien de tel que de trouver le bon endroit, ni trop chaud (l'eau est par endroit brûlante) ni trop froid, et de se laisser ramollir le cuir en observant la nature alentour.

A Reykjavik, cette eau chaude constitue un commerce florissant. Le Blue Lagoon (ci-dessous) est une sorte de grande piscine a ciel ouvert, dans un décors de lave, avec vestiaires, douches et entrée payante. L'eau provient de la centrale électrique géothermique voisine de Svartsengi. Elle est riche en minéraux, en silice, et en algues bleues-vertes, ce qui lui donne cette couleur laiteuse. Les sédiments sont pleins de vertus cosmétiques, et les visiteurs baigneurs s'enduisent de cette pâte mise à disposition sur les bords du bassin, pour se transformer en clowns blancs le temps d'un masque régénérant.


Sur les chemins de randonnées, l'eau peut devenir un obstacle glacial. Elle devient alors une petite torture pour les pieds bien chauffés par la marche.. et pour les mains aussi (et oui, ça glisse..). Ce jour là, la pluie et la neige nous accompagnaient.

Après les champs de lave et les déserts noirs, au détour d'une montagne, c'est tour à tour un glacier, ou une grotte de glace, ou une marche sur la neige qui nous attendent.


Et il y a même de l'eau férugineuse ! Et comme dit Bourvil, "l'alcool non ! mais l'eau férugineuse, oui !" [Cliquez ici pour revoir Bourvil et rigoler un coup]

mardi 18 mars 2008

Les elfes, les ingénieurs et les psychanalystes.

Les êtres surnaturels font partie de la vie quotidienne d'Islande, comme les 4x4. De temps à autre, une petite maison : on croit d'abord à des sortes d'abris de jardin, mais il faudrait ramper pour récupérer le râteau... Ce sont les maisons construites pour les elfes, le "huldufólk", le peuple caché. Vous pensez que le folklore chante l'appel du touriste ? Tsss, tsss, tsss... pas du tout, du tout ! Ecoutez plutôt (avant qu'ils ne se réveillent et vous repèrent).

Maison d'elfes à landmannalaugar

Ces maisons d'elfes, elles figurent sur les cartes de tout bon ingénieur qui se respecte. Les routes se tordent et se courbent pour respecter leurs emplacement. Pas de constructions si les énergies n'y sont pas, pas de champs fauchés là où les elfes habitent.

Vous ne voulez toujours rien entendre ? Allez donc voir la tête de Terry Gunnel, LE spécialiste de la faculté de sciences sociales d'Islande, et dites moi si vous trouvez qu'il a l'air de plaisanter.

Si vous voulez en savoir un peu plus avant de voter, voici un article plus complet et documenté.

L'Ethnologie s'est penchée sur la question, et ça m'étonnerait bien que Bruno Bettelheim n'y ait pas fait référence dans La psychanalyse des contes de fées.
Les elfes sont en effet les enfants que La mère (Eve) a choisi de cacher à Dieu : elle les a jugés trop sales pour être dignes d'être vus. Dieu a dit « Ce qui doit m’être caché sera caché aux hommes ». Et voilà des générations d'elfes créés par la honte (à moins que ce ne soit par la jalousie ? Y-a-t-il un psy dans l'assistance ?) obligés de se cacher dans des trous d'eau, des montagnes, des cabanes de jardin ; contraints de ne pas grandir...

lundi 17 mars 2008

De Landmannalaugar à Þórsmörk

Entre Landmannalaugar et Þórsmörk, au sud de l'Islande, une randonnée bien balisée entre dans les terres. Elle est ponctuée de huttes entretenues par l'association islandaise du tourisme dans des endroits improbables, déserts, et inaccessibles. Ces 5 jours et 50 km au centre de l'Islande, à priori sans grande difficulté, sont à postériori très roots et très imprévisibles : nous avons marché sous le soleil et en tee-shirt, sous la neige et en cagoule, sous le vent et à 4 pattes.


Il n'y a pas que le climat qui est imprévisible : à chaque nouvelle perspective, à chaque tournant, presque à chaque pas, c'est l'étrange qui surgit.



Cratère du Ljotipollur

Un lac de volcan rouge, une montagne de sable multicolore, le bruit de la terre sous la croute terrestre, une montagne verte dans le désert noir, un ruisseau qui sort de terre en bouillant, l'odeur inquiétante du souffre, la glace bleue sous l'eau laiteuse, les fumerolles sous les pieds, le glacier rouge au soleil de minuit, les canyons et les orgues de pierre, les champs de statues de lave, et les elfes qui rodent...





Ca n'arrête pas, et ça n'est que le début. Les premières heures, on s'extasie, et au bout d'une journée on est simplement muets et subjugués, vaguement assommés, comme après un film qui nous en a mis plein les yeux et dont on a pas eu le temps de digérer l'histoire. Qu'est-ce qui nous arrive ? Où est-ce qu'on est ? Qu'est-ce qu'on fait là ?

[Voir le détail du trajet, et d'autres chemins de randonnée]

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