Big trip

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Spitzberg [2005]

Voyage en kayak au pays des glaces

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mardi 9 août 2005

Et vogue !

On ne pouvait même pas dire " engagez-vous qu'y disaient " en bons romains défaits par les gaulois gavés de potion. Non, pas un gaulois à qui s'en prendre, et pourtant, c'eût été pratique : on en a soupé du temps de chien.
En regardant les photos, vous trouverez que j'exagère. C'est que sous la neige, la grêle et la pluie, sortir un appareil n'est pas chose aisée, surtout lorsqu'on y ajoute quelques bonnes vagues.



Donc, les photos ont été prises le jour 1/2 de beau temps du bigtrip. Et après tout, on ne va pas au Spitzberg en pensant aller sur le sable chaud.



Mais notre périple a viré quand même un peu à l'aventure. Les traversées de fjords, surtout en début et fin de séjour ont été très très sportives.



Heureusement que nos kayaks, chargés de matériel, tiennent bien la mer. A cette occasion j'ai découvert avec bonheur que lorsque je centre mon attention et mes efforts sur un objectif impérieux (du type : ne pas tomber à l'eau, surtout quand elle est à -2°C) , et que en plus, j'ai pris des trucs homéopathiques, je n'ai plus le mal de mer, ou presque.



Pour vous dire, le capitaine de Ny Alesund (un ancien camionneur patibulaire mais presque) nous a offert un café à l'arrivée de la dernière traversée qui nous menait à son port, et a même proposé à nos combinaison un petit tour en salle de séchage. C'est presque un traitement de rescapés.

Bigtripeurs fatigués devant la capitainerie de NY Alesund


Après cette ultime prise de risque, nous avons préféré aller jusqu'à notre dernier campement à pied, en trainant nos affaires sur une charrette.



samedi 6 août 2005

Le cri du glacier

Une des premières nuits, sous la tente, j'ai cru entendre des coups de feu, et j'ai pensé à l'ours (oui, oui, je vous en parlerai de l'ours, mais il faut bien que je vous maintienne en haleine..). Ca n'était que le cri du glacier qui se trouvait à 7 km de là. Des craquements à la mesure de la masse de glace, des coups de tonnerre dans le silence, une plainte grinçante dans sa marche vers la mer.


Je m'attendais à naviguer au milieu des icebergs géants. Au Spitzberg, les icebergs sont moins gros qu'au Groenland.


Mais la glace est partout. Partout des glaciers démesurés.



Observer la taille et les formes de l'immense langue de glace qui se jette dans la mer, c'est effrayant et captivant. On ne s'approche pas à moins de 300 mètres : ça avance, la glace se brise, et tombe dans la mer avec fracas et vagues associés. J'ai vu des architectures entières s'effondrer : arches, ponts, murs, portes et sculptures diverses. La glace change sans cesse de visage.

En haut du Nordvagfjellet, on domine les glaciers de la baie du roi (une vue ahurissante, et une lumière de métal).

On réalise que plusieurs glaciers n'en font qu'un seul, à plusieurs bras, séparés par des lits de moraine noirs.




PS sous forme d'intermède scientifique :
Les glaces dérivantes sur l'eau sont parfois salées, parfois douces. Leur fonte est parfois responsable de la montée des eaux, parfois non. Pourquoi ça ? hum ???
Réponse :[Click!]

mercredi 3 août 2005

Les plaies grinçantes de la banquise

"Ce que l'on vient chercher de nos jours en se hissant tout en haut de la planète n'est pas explicable.
C'est un sentiment intérieur qui émane de la pierre, de la glace, de l'espace. Un sentiment subjugué par l'arrivée de l'été arctique aux lumières enivrantes. Car lorsque les éléments s'entrechoquent, le soleil ouvre des plaies grinçantes dans la banquise, et du froid, du silence, de la solitude surgit d'un coup la mer, l'oiseau, la vie.
Splendeur et rudesse de paysages à couper le souffle,(...) rien ici n'entrave l'imagination fantastique d'une nature livrée à elle-même."

Emmanuel Hussenet
Voyageur polaire

(merci à Didier Cerdan, un des bigtripeur, pour la citation)


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