Big trip

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vendredi 19 août 2005

Big polar bear


Photo : http://www.proframe.org/nature/polarbears.html

J'ai lu un certain nombre de choses sur l'ours polaire avant de partir. Je savais qu'il est le plus grand prédateur et le plus grand carnivore vivant dans les pays du nord, indifférent au vent glacial, parfaitement adapté au froid. Il a la peau noire, les poils transparents, on le voit blanc jaunâtre parce que ses poils reflètent le soleil et la couleur de la graisse qu'il a épaisse. Il a des petites oreilles pour éviter les pertes de chaleur, est muni de pattes avec crampons anti-dérapants et coussins d'air, peut marcher 3200km par an, nager 100km par jour, et faire jusqu'à 700kg et deux mètres déplié.

Bon, voilà, je savais, et puis bah, tout ça, c'est un peu du folklore : tout le monde sait que les ours polaires, on n'en voit pas tous les jours.

A l'aller, dans l'avion, j'ai lu qu'il il y a peu de temps, des scientifiques norvégiens ont estimé qu'il y avait 3000 ours polaires à demeure dans l'archipel du svalbard. Ha quand même.. 3000...

1/2 heures après être arrivée à l'aéroport de Longyearbyen, j'avais vu 2 ours polaires...

Photo : http://www.proframe.org/nature/polarbears.html

Le premier est empaillé, il vit dans une cage en verre dans le hall d'arrivée, histoire d'appâter l'aventurier. Il est en plein mouvement de marche, gros, beau. La légende dit qu'il est là parce qu'il a été abattu après avoir tué quelqu'un.

Le deuxième est dans la mémoire de l'appareil photo numérique d'un bigtripeur qui avait fait un raid kayak la semaine juste avant que j'arrive, avec le même guide que nous (j'essaie de récupérer la photo, peut-être que ..). Ils avaient repéré un ours qui les regardait , planqué derrière un rocher. Il montrait son museau, se cachait à nouveau, et puis il s'est levé, et a chargé. Il a couru vers eux. Comme il était déjà très près (200m environ je crois), je vous laisse imaginer. La phase d'observation avait permis au bigtripeurs présents et au guide de se préparer à l'attaque. Ils se sont tous regroupés, munis de pagaies et de casseroles. Oui... je sais.. ça ne fait pas très guerrier. Mais ça a marché.


L'ours a vu un monstre à plusieurs têtes, avec de nombreux et grands bras, et qui fait un bruit assourdissant. Il a jugé qu'il avait trouvé plus fort que lui et il est parti. Il s'est décidé tard: à 15 mètres du photographe. Plus près, il mourrait d'un coup de fusil. J'ai vu cet ours sur la photo, debout, juste devant une tente, l'air un peu interloqué, et je me suis dit que je serais totalement satisfaite d'en voir un de plus loin.


Après ça, j'écoutais avec concentration toutes les consignes qu'on pouvait nous donner sur les ours. Beaucoup de consignes :
  • se relayer pour faire des quarts la nuit,
  • porter jour et nuit (c'est à dire jour et jour), le stylet pétard à son cou en cas de rencontre fortuite pour tenter de lui faire peur,
  • apprendre à utiliser le pistolet à gros pétard si lors de ton tour de garde tu le vois un peu tard, et que le petit pétard n'a encore produit aucun effet
  • ne jamais sortir de sa tente la tête la première : l'ours a l'habitude d'attendre devant un trou de glace et de décapiter les phoques.
  • Faire ses besoins en bord de plage, sur l'estran, pour que la marée se charge de faire disparaître au nez de l'ours les odeurs alléchantes.
  • Comprendre que le fusil du guide, muni d'un tas de sécurités très très sûres ne tire jamais quand il n'y a pas d'ours.
  • Monter le camp en tenant compte du vent : l'ours doit rencontrer en premier la nourriture (à ranger bien à l'écart), la tente mess (là où tu fais ta garde), puis les tentes des camarades qui dorment.
On nous raconte aussi que tuer un ours est un crime puni par la loi. Qu'on est autorisé à le faire uniquement par légitime défense, après avoir utilisé tous les pétards de dissuasion, qui sont obligatoires. Le fusil aussi est obligatoire.
Néanmoins, si on est obligé de tirer, il faudra le tuer. Sinon, les autorités feront une chasse à l'ours en hélicoptère pour l'achever, histoire qu'il ne se venge pas avant de mourir.


J'ai fait une garde dès la première nuit. Consigne : sortir de la tente Mess tous les 1/4 d'heure, pour un tour d'horizon à l'œoeil nu, et toutes les 1/2 heures pour une observation à la jumelle.
J'ai décidé de rester dehors tout le temps.. comme ça.. Je me suis gréffée la jumelle sur l'œoeil, au cas où... J'ai cru voir 15 ours. La fatigue aidant, j'ai failli réveiller le guide pour qu'il vienne vérifier. Terrible.

Photo : http://www.proframe.org/nature/polarbears.html

J'ai vu un troisième ours, depuis le bateau, lors des premiers jours, mais de très loin (800m environ). Et j'ai entendu des histoires d'ours à n'en plus finir : une randonneuse qui est venue pour assouvir le rêve de se faire bouffer par un ours et qui le cherche pendant ses tours de garde, le groupe qui a eu la visite d'un ours qui s'amusait à faire des glissades sur une pente au dessus de leurs tentes (comme quoi, quand ils n'ont pas faim, il peuvent être drôles), l'histoire du dernier ours tué, ceux qui ont vu l'ours manger une baleine bélouga (véridique, sur le bateau du retour).

Je vous ai mis des petites photos mignonnes, façon peluche. Là bas, j'ai vu une carte postale de l'ours en train d'en manger une, de baleine.. c'est autre chose..

Photos de Polar bears :
http://www.proframe.org
http://www.alain-pons.com

Vous voulez une histoire d'ours ?
Lisez le chapitre XXI de " Le Pays des fourrures " - Jules Verne (1873)

mardi 9 août 2005

Et vogue !

On ne pouvait même pas dire " engagez-vous qu'y disaient " en bons romains défaits par les gaulois gavés de potion. Non, pas un gaulois à qui s'en prendre, et pourtant, c'eût été pratique : on en a soupé du temps de chien.
En regardant les photos, vous trouverez que j'exagère. C'est que sous la neige, la grêle et la pluie, sortir un appareil n'est pas chose aisée, surtout lorsqu'on y ajoute quelques bonnes vagues.



Donc, les photos ont été prises le jour 1/2 de beau temps du bigtrip. Et après tout, on ne va pas au Spitzberg en pensant aller sur le sable chaud.



Mais notre périple a viré quand même un peu à l'aventure. Les traversées de fjords, surtout en début et fin de séjour ont été très très sportives.



Heureusement que nos kayaks, chargés de matériel, tiennent bien la mer. A cette occasion j'ai découvert avec bonheur que lorsque je centre mon attention et mes efforts sur un objectif impérieux (du type : ne pas tomber à l'eau, surtout quand elle est à -2°C) , et que en plus, j'ai pris des trucs homéopathiques, je n'ai plus le mal de mer, ou presque.



Pour vous dire, le capitaine de Ny Alesund (un ancien camionneur patibulaire mais presque) nous a offert un café à l'arrivée de la dernière traversée qui nous menait à son port, et a même proposé à nos combinaison un petit tour en salle de séchage. C'est presque un traitement de rescapés.

Bigtripeurs fatigués devant la capitainerie de NY Alesund


Après cette ultime prise de risque, nous avons préféré aller jusqu'à notre dernier campement à pied, en trainant nos affaires sur une charrette.



samedi 6 août 2005

Le cri du glacier

Une des premières nuits, sous la tente, j'ai cru entendre des coups de feu, et j'ai pensé à l'ours (oui, oui, je vous en parlerai de l'ours, mais il faut bien que je vous maintienne en haleine..). Ca n'était que le cri du glacier qui se trouvait à 7 km de là. Des craquements à la mesure de la masse de glace, des coups de tonnerre dans le silence, une plainte grinçante dans sa marche vers la mer.


Je m'attendais à naviguer au milieu des icebergs géants. Au Spitzberg, les icebergs sont moins gros qu'au Groenland.


Mais la glace est partout. Partout des glaciers démesurés.



Observer la taille et les formes de l'immense langue de glace qui se jette dans la mer, c'est effrayant et captivant. On ne s'approche pas à moins de 300 mètres : ça avance, la glace se brise, et tombe dans la mer avec fracas et vagues associés. J'ai vu des architectures entières s'effondrer : arches, ponts, murs, portes et sculptures diverses. La glace change sans cesse de visage.

En haut du Nordvagfjellet, on domine les glaciers de la baie du roi (une vue ahurissante, et une lumière de métal).

On réalise que plusieurs glaciers n'en font qu'un seul, à plusieurs bras, séparés par des lits de moraine noirs.




PS sous forme d'intermède scientifique :
Les glaces dérivantes sur l'eau sont parfois salées, parfois douces. Leur fonte est parfois responsable de la montée des eaux, parfois non. Pourquoi ça ? hum ???
Réponse :[Click!]

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