Big trip

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dimanche 28 août 2005

Fin du chapitre Spitzberg

C'est ici que s'achève le récit.

1h30 du matin à l'aéroport de Longyarbyen


Vous restez sur votre faim ?

Les "couronnes" de la baie du Roi


Vous auriez voulu que je vous parle de dinosaures polaires vus au Spitzberg ? Allez donc voir par là : [Click]



Vous vous intéressez à la recherche polaire ?
[Visitez le site du Norsk Polarinstitut]
[Découvrez le Centre d'études arctiques] ([Voir également sa présentation par l'EHESS])

Algues rouges sur lit de mousse verte


Je n'ai pas tellement parlé des animaux, ni du combat de la végétation pour survivre dans des conditions climatiques hostiles.
D'autres sites ont répertorié de belles photos de la faune et de la flore.



Enfin, d'autres ont également fait le récit de leur voyage là bas, également en kayak. Je vous en propose deux :
Un album photo à me rendre jalouse [Click]
Un récit très documenté [Click]

Si vous avez d'autres adresses à recommander, n'hésitez pas à le faire dans les commentaires.



Je suis loin d'avoir fait le tour de ce territoire fascinant qu'est le Spitzberg.
Qui sait ? j'y retournerai peut-être. J'aimerais aussi aller pagayer au Groenland, en Alaska...
Encore quelques rêves en réserve.
A bientôt pour de nouvelles aventures !

lundi 22 août 2005

Le monde merveilleux de Gladys

Lors des premiers jours en bateau, nous avons fait escale à Barentsburg, ville minière russe implantée sur la côte est de Grönfjorden.
"Hello ! My name is Gladys and I'm your guide today ! Welcome here in Barentsbug !
Let's go and continue !"

Photo : Laurent Frizon, bigtripeur


En approchant l'embarcadère de Barentsburg, avec ses bateaux rouillés, les constructions bringuebalantes, la terre noire, le tout baigné de pluie et de brouillard, nous étions loin de penser que nous rencontrerions une Gladys.
Nous étions arrivés dans l'éco-musé de l'ex Union soviétique, et elle était là pour nous faire partager la grandeur du lieu. Gladys est habillée d'un pantalon en faux cuir noir, de petites chaussures de ville et d'une veste. Cheveux longs et rouge à lèvres. Elle parle d'une voix très forte, avec un ton très étudié, qui alterne des montées et descentes, et quelques intonations ironiques.



L'exploitation des mines locales a été concédée à une société soviétique dans les années 30. 850 habitants environ y vivent, à coup de contrats de 6 mois. Je ne sais pas si c'est toujours le cas, mais il y a encore peu, il semble que personne n'utilisait d'argent liquide là bas. Tout était fourni par la société minière.

" I'm sure you know this man ! ". Le buste de Staline trône au milieu de la ville, à côté de la salle de spectacle de 300 places. Il y a aussi une piscine olympique d'eau de mer chaude, une bibliothèque abondante, deux hôtels. " I don't know why, but some people compare this hotel with the Sheraton ". Sacrée Gladys...
"Let's go and continue !"



Au fronton des bâtiments publics, des fresques vantent la bonne santé des gaillards et des familles russes, profils angulaires, tout droits sortis des années 30. Deux mineurs passent par là. Bleus de travail et peau noircis, petits paniers en osiers remplis de fines barres de fer rouillées. Déjà, ça sent les conditions de travail difficiles et l'équipement vétuste. Mais les entrées de mines, même de loin, c'est effrayant.

Un engin spacial, sur la place des fêtes de Barentsburg.
Photo : Laurent Frizon, bigtripeur.



En allant voir le temple, je croise deux femmes habillées de fourrure, qui marchent en botte de cuir vers le bâtiment de style barre HLM. Avec mes triple couches de polaire, mon pantalon K-Way et mes bottes en caoutchouc, j'ai le sentiment d'être entrée dans une soirée mondaine en jogging. Sûrement encore une blague de Gladys ?

Deux plates formes ont été construites dans la ville, elles surplombent la mer, et par beau temps, on doit apercevoir les montagnes glacées d'en face. Une de ces plate forme est la place des fêtes nous dit Gladys avec un le sourire entendu de celle qui a hâte de voir revenir la fiesta.

Vue de la promenades des amoureux


Sur l'autre plate forme, une main courante et des bancs. La promenade des amoureux. C'est sans doute très romantique par temps clair, et par temps brumeux, effectivement, ça donne envie de pleurer dans une épaule accueillante.

Avant de partir, nous pouvons assister au spectacle de danses folkloriques donné spécialement pour nous par les habitants. Pour conclure la visite, Gladys nous invite à faire tamponner une carte postale à la poste, et à enchainer sur une bonne vodka dans le bar du village pour fêter ça. Ensuite, nous pourrons à loisir faire nos emplettes dans la boutique de souvenirs : " all is hand made here ! ".

vendredi 19 août 2005

Big polar bear


Photo : http://www.proframe.org/nature/polarbears.html

J'ai lu un certain nombre de choses sur l'ours polaire avant de partir. Je savais qu'il est le plus grand prédateur et le plus grand carnivore vivant dans les pays du nord, indifférent au vent glacial, parfaitement adapté au froid. Il a la peau noire, les poils transparents, on le voit blanc jaunâtre parce que ses poils reflètent le soleil et la couleur de la graisse qu'il a épaisse. Il a des petites oreilles pour éviter les pertes de chaleur, est muni de pattes avec crampons anti-dérapants et coussins d'air, peut marcher 3200km par an, nager 100km par jour, et faire jusqu'à 700kg et deux mètres déplié.

Bon, voilà, je savais, et puis bah, tout ça, c'est un peu du folklore : tout le monde sait que les ours polaires, on n'en voit pas tous les jours.

A l'aller, dans l'avion, j'ai lu qu'il il y a peu de temps, des scientifiques norvégiens ont estimé qu'il y avait 3000 ours polaires à demeure dans l'archipel du svalbard. Ha quand même.. 3000...

1/2 heures après être arrivée à l'aéroport de Longyearbyen, j'avais vu 2 ours polaires...

Photo : http://www.proframe.org/nature/polarbears.html

Le premier est empaillé, il vit dans une cage en verre dans le hall d'arrivée, histoire d'appâter l'aventurier. Il est en plein mouvement de marche, gros, beau. La légende dit qu'il est là parce qu'il a été abattu après avoir tué quelqu'un.

Le deuxième est dans la mémoire de l'appareil photo numérique d'un bigtripeur qui avait fait un raid kayak la semaine juste avant que j'arrive, avec le même guide que nous (j'essaie de récupérer la photo, peut-être que ..). Ils avaient repéré un ours qui les regardait , planqué derrière un rocher. Il montrait son museau, se cachait à nouveau, et puis il s'est levé, et a chargé. Il a couru vers eux. Comme il était déjà très près (200m environ je crois), je vous laisse imaginer. La phase d'observation avait permis au bigtripeurs présents et au guide de se préparer à l'attaque. Ils se sont tous regroupés, munis de pagaies et de casseroles. Oui... je sais.. ça ne fait pas très guerrier. Mais ça a marché.


L'ours a vu un monstre à plusieurs têtes, avec de nombreux et grands bras, et qui fait un bruit assourdissant. Il a jugé qu'il avait trouvé plus fort que lui et il est parti. Il s'est décidé tard: à 15 mètres du photographe. Plus près, il mourrait d'un coup de fusil. J'ai vu cet ours sur la photo, debout, juste devant une tente, l'air un peu interloqué, et je me suis dit que je serais totalement satisfaite d'en voir un de plus loin.


Après ça, j'écoutais avec concentration toutes les consignes qu'on pouvait nous donner sur les ours. Beaucoup de consignes :
  • se relayer pour faire des quarts la nuit,
  • porter jour et nuit (c'est à dire jour et jour), le stylet pétard à son cou en cas de rencontre fortuite pour tenter de lui faire peur,
  • apprendre à utiliser le pistolet à gros pétard si lors de ton tour de garde tu le vois un peu tard, et que le petit pétard n'a encore produit aucun effet
  • ne jamais sortir de sa tente la tête la première : l'ours a l'habitude d'attendre devant un trou de glace et de décapiter les phoques.
  • Faire ses besoins en bord de plage, sur l'estran, pour que la marée se charge de faire disparaître au nez de l'ours les odeurs alléchantes.
  • Comprendre que le fusil du guide, muni d'un tas de sécurités très très sûres ne tire jamais quand il n'y a pas d'ours.
  • Monter le camp en tenant compte du vent : l'ours doit rencontrer en premier la nourriture (à ranger bien à l'écart), la tente mess (là où tu fais ta garde), puis les tentes des camarades qui dorment.
On nous raconte aussi que tuer un ours est un crime puni par la loi. Qu'on est autorisé à le faire uniquement par légitime défense, après avoir utilisé tous les pétards de dissuasion, qui sont obligatoires. Le fusil aussi est obligatoire.
Néanmoins, si on est obligé de tirer, il faudra le tuer. Sinon, les autorités feront une chasse à l'ours en hélicoptère pour l'achever, histoire qu'il ne se venge pas avant de mourir.


J'ai fait une garde dès la première nuit. Consigne : sortir de la tente Mess tous les 1/4 d'heure, pour un tour d'horizon à l'œoeil nu, et toutes les 1/2 heures pour une observation à la jumelle.
J'ai décidé de rester dehors tout le temps.. comme ça.. Je me suis gréffée la jumelle sur l'œoeil, au cas où... J'ai cru voir 15 ours. La fatigue aidant, j'ai failli réveiller le guide pour qu'il vienne vérifier. Terrible.

Photo : http://www.proframe.org/nature/polarbears.html

J'ai vu un troisième ours, depuis le bateau, lors des premiers jours, mais de très loin (800m environ). Et j'ai entendu des histoires d'ours à n'en plus finir : une randonneuse qui est venue pour assouvir le rêve de se faire bouffer par un ours et qui le cherche pendant ses tours de garde, le groupe qui a eu la visite d'un ours qui s'amusait à faire des glissades sur une pente au dessus de leurs tentes (comme quoi, quand ils n'ont pas faim, il peuvent être drôles), l'histoire du dernier ours tué, ceux qui ont vu l'ours manger une baleine bélouga (véridique, sur le bateau du retour).

Je vous ai mis des petites photos mignonnes, façon peluche. Là bas, j'ai vu une carte postale de l'ours en train d'en manger une, de baleine.. c'est autre chose..

Photos de Polar bears :
http://www.proframe.org
http://www.alain-pons.com

Vous voulez une histoire d'ours ?
Lisez le chapitre XXI de " Le Pays des fourrures " - Jules Verne (1873)

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