Entre Landmannalaugar et Þórsmörk, au sud de l'Islande, une randonnée bien balisée entre dans les terres. Elle est ponctuée de huttes entretenues par l'association islandaise du tourisme dans des endroits improbables, déserts, et inaccessibles. Ces 5 jours et 50 km au centre de l'Islande, à priori sans grande difficulté, sont à postériori très roots et très imprévisibles : nous avons marché sous le soleil et en tee-shirt, sous la neige et en cagoule, sous le vent et à 4 pattes.


Il n'y a pas que le climat qui est imprévisible : à chaque nouvelle perspective, à chaque tournant, presque à chaque pas, c'est l'étrange qui surgit.



Cratère du Ljotipollur

Un lac de volcan rouge, une montagne de sable multicolore, le bruit de la terre sous la croute terrestre, une montagne verte dans le désert noir, un ruisseau qui sort de terre en bouillant, l'odeur inquiétante du souffre, la glace bleue sous l'eau laiteuse, les fumerolles sous les pieds, le glacier rouge au soleil de minuit, les canyons et les orgues de pierre, les champs de statues de lave, et les elfes qui rodent...





Ca n'arrête pas, et ça n'est que le début. Les premières heures, on s'extasie, et au bout d'une journée on est simplement muets et subjugués, vaguement assommés, comme après un film qui nous en a mis plein les yeux et dont on a pas eu le temps de digérer l'histoire. Qu'est-ce qui nous arrive ? Où est-ce qu'on est ? Qu'est-ce qu'on fait là ?

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